Mercredi 16 janvier 2008
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Je viens tout juste de voir ce film qui m'a amené a pas mal réfléchir...
Bon on résume le sujet : il s'agit de l'histoire de Carmen Catillo compagne de Miguel Enriquez l'un des leader de l'organisation MIR parti révolutionnaire chilien né en 1965. Lors du
coup d'état du général Pinochet le 11 septembre (eh ouai, ce 11 septembre la a perdu de sa signification...) les militaires putchistes lancent une campagne de répréssion contre tout ce qui
avait pu soutenir le président Allende (mort les armes a la main dans le palais de la Moneda), dont le MIR ( le MIR a été un soutient critique d'Allende). Le compagnon de Carmen Castillo meurt donc
dans l'attaque lancée par les militaires contre la planque du MIR située
calle Santa Fe (rue Santa Fe). Quand a elle, c'est grace a un voisin qui a apelé une ambulance et a une campagne de
mobilisation internationale qu'elle n'est pas tuée a l'hopital et est envoyée en exil...
Elle raconte dans ce film son retour au Chili, des années après la fin de la dictature...
Cela m'ammène justement a l'état actuel d'un pays comme le Chili. Alors bien évidemment les médias internationaux se gargarisent de l'élection de Michelle Bachelet, la fille d'un ancien opposant a
la dictature, sensée ramener un peu "d'ordre social" dans ce pays aux inégalités criantes...
Mais quand on regarde ce film on vois bien que ces inégalités continuent d'éxister...le Chili est en plus marqué par un capitalisme férocement ultralibéral...on rappelera que c'est sous le régime
de Pinochet que l'économiste monétariste Milton Friedman expérimente ses théories économiques...entre autre le Chili a vécu le démantèlement de sa protection sociale et de son droit du
travail...des années après Allende, son cuivre continue a servir la croissance économique mondiale et pas ses habitants...et ailleurs les nombreux bidonvilles sont toujours présents...
Pourtant, le Chili est en état apparent de démocratie! Des élections libres y sont organisée entre autre pour l'élection d'un parlement théoriquement représentatif de la population...Donc les
médias dominants n'y verront rien de mal! Comme le Chili est en "démocratie" on a plus a s'en faire, en gros!
Et autant je parle du Chili mais je peux tout autant parler de chez nous! On ou opposera fréquemment l'argument que la lutte est inutile, vu que nos droits sont garantis! C'est vrai, la par exemple
je m'éxprime librement! Et pourtant ca n'empeche pas les ravages et l'aliénation entrainés par le capitalisme marchand imposé par les classes dominantes! La destruction progréssive de notre
environnement, au nom de la recherche du sacro-saint "profit", de la "croissance"! Mais dès qu'on va s'en plaindre dans un cadre "démocratique", on va soit etre récupéré par l'appareil d'un parti,
donc devoir jouer le jeu démocratique, et l'ivresse du pouvoir aidant (donc qui dit pouvoir dit devoir de composer avec les forces dominantes), on va vite oublier ses idéaux originels! Et meme si
on continu dans la contestation on va vite etre confronté a la presse "libre" qui va certe parler de nos idées...pour encore mieux les décrédibiliser. Et on ne pourra pas s'élever contre cet état
de fait car ce serait "s'opposer a la liberté de la presse".
C'est ici qu'il convient de passer une précision : il y a une nuance entre etre contre la démocratie, et etre contre la prétendue démocratie au main des forces dominantes (qui disposent de la force
de production et des capitaux...). La démocratie originelle, ce n'est pas la démocratie prétendument "représentative" mais bien la démocratie directe, celle ou ce sont les premiers concernés qui
décident de ce qui va les affecter (qu'on pourra rapprocher a la démocratie de la Grèce antique, a cette nuance près que la vrai démocratie directe concerne tout les habitants de l'entité ainsi
gouvernée).
Et ce dévoiement du concept démocratique est ,je pense, la principale victoire des forces économiques et des classes dominantes! En effet elles ont finalement compris que la violence directe telle
que celle éxercée par une dictature n'était pas "productive" pour assurer leur domination! Il suffira plutot en effet de faire vivre les citoyens dans un climat de prétendue "liberté" pour que
soumis, il ne se révoltent pas contre les inégalités et la domination économique ambiante! Ce qui est encore mieux, c'est que certain pouvoirs n'ont pas compris cet état de fait! Donc on pourra a
travers les exemples de régimes autoritaires répréssifs, conforter le "citoyen" dans la vision qu'il vit "pour le mieux dans le meilleur des mondes"! C'est d'ailleurs sur un autre plan exactement
ce qui se passe par rapport a l'idée de développement (on présente d'autres population du monde sous un angle éthno-centré en disant qu'ils sont malheureux car ils n'ont pas "nos richesses
matérielles", tout en oubliant les aspectes du bonheur et de la convivialité).
Je terminerai sur une note d'espoir. A la fin de ce documentaire, l'un des artisans des premières contestations "MIRistes" nous explique que désormais les luttes sociales ne se font plus dans le
cadre d'un "parti" monolithe, avec son organisation et sa place dans le pouvoir (tel que a pu l'etre le PCF pendant des années en France) mais sous un angle plus informel et local. Et c'est
exactement ce qu'on peux constater dans la plus grande parti du monde! Ce ne sont donc plus des masses "représentées" par quelques grands pontes bureaucrates qui expriment la contestation mais bien
les masses elle-meme! Cela pourrai donc empecher, quand peut etre un nouveau "grand soir" viendra que cette contestation soit récupérée par par ces "bureaucrates" qui ne l'utiliseraient que dans le
cadre de leur pouvoir personnel (en gros ce qui s'est passé en URSS avec la Nomenklatura). Et sachant que ces contestations sont de plus en plus nombreuses (il n'y a qu'a voir sur internet la
profusion de forums dits "alternatifs", et ce meme en France), il ya peut etre un espoir, un jour, de voir une vrai société démocratique qui, une fois renversée les forces économiques dominantes et
le pouvoir qui les représentes, pourra a terme, assurer le bonheur (bien plus important que la hausse du PIB!), dans un cadre convivial et non sujet aux dérives actuelles de notre société de
"démocratie représentative" de consommation et d'aliénation!